Pyrénées
Bonsoir, il y a deux semaines que je suis revenu de là-haut. Le
retour à la plaine fut un peu difficile, mais quelques jours suffirent à
me réadapter au niveau de la mer. Je pense que je suis conçu pour vivre
en altitude, je l'ai constaté à maintes reprises, je suis bien sur les
sommets.
Souvent, je n'ai pas envie de descendre, il y a une sérénité que je ne
trouve nulle part ailleurs, un mélange de silence et de bruit du vent,
d'un torrent qui gronde ou d'un rapace en chasse. Il faut grimper à pied
ou à vélo pour ressentir cela, le corps est alors à la recherche de
mieux être, et perçoit les richesses naturelles y puisant son essence.
Ainsi pour ne pas être en manque, je suis parti vers les Pyrénées avec
Thomas, Ana et Arthur, trois de mes petits-enfants, Matilde et Raphael
résidant en Sicile. J'aurai la chance de les réunir au mois d'août en
Sicile au pied de l'Etna, que je compte grimper à vélo avec Thomas.
En attendant, sans mon vélo, mais avec de bonnes chaussures pour arpenter les sentiers
de randonnée, nous fîmes une marche difficile où les deux plus petits
se servirent souvent de leurs petites mains pour hisser leur corps au-
dessus des rochers. Une autre fois, les enfants firent le chemin à dos
d'âne vers le cirque de Gavarnie, je marchais en tête guidant la
première bête, l'effort n'est pas comparable à celui à vélo, mais
l'arrivée au bout du chemin procure aussi un sentiment d'accomplissement
apaisant.
Après les randonnées, les enfants s'éclatent à la piscine, dévalant en
criant les tubes pour terminer leur course dans un gigantesque "splash".
Ils se sont fait des copains au camping, et restent tard le soir pour
jouer dans l'aire de jeu ou dans les allées.
Bizarre d'être au pied du Tourmalet et de Luz Ardiden sans mon vélo,
mais être avec eux est aussi un bonheur.
Après deux jours ensoleillés, voici l'orage, il va falloir leur trouver
des occupations, il y a une piscine couverte, mais aujourd'hui, il se
peut qu'elle soit trop fréquentée, il y a aussi une salle de cinéma à
Luz St Sauveur. Thomas dort encore il est 9:36, les deux petits sont
levés depuis longtemps, ils sont installés devant la télé, j'ai mis le
chauffage, il fait un peu frais sous ce ciel tout gris.
Les enfants se sont très bien adaptés à l'espace réduit du Ducato, rien
ne traîne, chaque chose à sa place. Il faut être vigilant avec Arthur,
ce gamin n'a peur de rien, il est très curieux, il file en courant sans
prévenir et se met en danger. Mais il met de la bonne volonté, pour
m'éviter de courir après lui, je suis très vieux, il ne veut pas me
fatiguer !
Ana s'en va quelquefois sans me le dire, je dois la chercher, sans
réelle inquiétude dans le labyrinthe du camping.
Heureusement Thomas m'aide bien à "diriger" la petite troupe qui, la
plupart du temps, est irréprochable.
La pluie ne cesse pas, seule varie son intensité, nous sommes allés à Luz
St Sauveur à 700m du camping en Ducato, le long trottoir rectiligne
frôlé par un ballet automobile incessant sous la pluie ne me dit rien
qui vaille avec les deux petits. La promenade dans la ville n'est pas
agréable avec cette pluie et Arthur qui guette les flaques pour y
patauger! Ils veulent aller au restaurant ce soir, après plusieurs
repérages, nous choisissons un "moule frites" .
Après un repas rapide au Ducato, nous passons un bonne partie de l'après-
midi à la piscine où j'apprends la nage sur le dos à Arthur, ils ne se
lassent pas de sauter dans l'eau, tandis que fatigué d'être resté debout
dans l'eau avec Arthur qui nage maintenant sur le dos, je lis assis en
les surveillant. Ils ont des copains et copines du camping, ils vont
bien dormir ce soir.
Pas de moules frites, seulement le vendredi, mais les menus proposés
plaisent à nous tous, nous nous affrontons Thomas et moi au bowling,
j'alterne strikes et fanny, nous n'arrivons pas à être réguliers dans
nos tirs, Thomas a moins de chance, "victoire" pour le Pépé!!
Demain nous rentrerons, si ce n'est cette journée de pluie, nous avons
bien profité de la montagne, avec une forte envie d'y revenir.