De la Gironde à l'Etna.
Bonjour, il y a longtemps que je n'écris plus sur ce blog, beaucoup de paresse et surtout le fait que je n'ai pas fait grand chose depuis le dernier billet.
Cet été j'ai fait une belle balade à vélo de la Gironde jusqu'au sommet de l'Etna en longeant la côte Adriatique Italienne. J'ai trainé une remorque qui m'a causé quelques soucis. D'abord elle m'a beaucoup ralenti de par son poids, qui a provoqué deux bris de patte de dérailleur.
Je suis parti le 29 juillet 2017 vers 5:00 du matin. Thomas, mon petit-fils m'a accompagné les 12 premiers km. Dès la première montée au bout du premier km, j'ai compris que ce ne serait pas facile, qu'il me faudrait m'économiser pour durer, d'autant que le vent toujours contraire et parfois très violent (Mistral) a tout fait pour me décourager, associé à une canicule comme je n'en avais jamais connu !
Je roulais sans force, ne m'arrêtant que pour manger un sandwich, un hamburger ou une pizza et pour dormir quand il le fallait. À Gap, Jean-François et sa famille furent d'un grand soutien, cette journée fut très difficile, relief, vent, chaleur.....Sur la route de Briançon, la patte du dérailleur cassa. Je dus passer la nuit, jusqu'à l'après-midi suivante, dans un pré sans ombre attendant un taxi qui m'apporta la pièce neuve. L'insolation attrapée ce jour-là m'indisposa les deux jours suivants de haute montagne: vomissements, sommeil, perte d'énergie furent mes compagnons. Puis tout rentra dans l'ordre, je traversais des villes magnifiques, Bologne, Parme, célèbres, Imola, Monza.......
La patte cassa à nouveau en pleine nuit au bord de L'Adriatique. Je bricolai, enlevant le dérailleur, réduisant la chaine à une seule vitesse qui me permit d'avancer jusqu'à l'endroit où ma fille me fit livrer par un taxi la précieuse pièce. Auparavant je me débarrassai d'une bonne partie de mon bagage à un bureau de poste où mon mauvais Italien suffit à me permettre d'accomplir les formalités et à doubler une bonne partie de la longue file au guichet en leur faisant sans doute pitié !!
Je repris la route sans d'autre pause que le nécessaire, les deux incidents, le vent contraire et les deux mauvais jours m'avaient fait prendre trop de retard pour que je flâne! Les jambes tournaient bien, le moral était au top et les paysages étaient grandioses. Je fis aussi de belles rencontres dans les bars où je m’arrêtais au petit matin pour prendre un solide petit-déjeuner. Dans l'après-midi quand la chaleur se faisait trop pesante, des boissons fraiches au comptoir étaient un immense réconfort et le soir pour prendre un repas dans une pizzeria, j'en profitais à chaque fois pour recharger les batteries de mes appareils. À chaque fois des personnes intriguées engageaient le dialogue, mon horrible Italien les faisait rire mais on arrivait à se comprendre!
Les erreurs de parcours pesèrent moralement sur ces chemins blancs écrasés de chaleur sans autre ombre que celle des pierres. Ma fille qui me suivait sur Google me remit sur la bonne trace plusieurs fois dans les Abruzzes et surtout dans les Pouilles où les pancartes étaient parties en vacances !
Les échanges de mon "fan-club" sur WhatsApp étaient des petits moments de détente que je savourais quand j'allumais le smartphone à l'occasion d'une pause.
Les kilomètres défilaient sans souffrance, je profitais de la douceur de la nuit pour rouler après le four de la journée, ne m'arrêtant qu'une heure ou deux quand le sommeil me gagnait.
Bientôt, j'arrivais au bord de la mer Tyrrhénienne, la côte est très vallonnée et la succession de longues montées ventées s’avéra plus difficile que prévue.
Bravo aux automobilistes Italiens, toujours respectueux du cycliste, certains m'ont protégé en restant derrière moi dans les long tunnels, d'autres m'ont arrêté pour discuter et m'encourager, certains m'ont remis sur la bonne route, les deux seuls qui m'ont fait une queue de poisson étaient immatriculés en France et en Pologne..............!
La très longue descente de nuit vers le port fut stressante, il fallait rester vigilant, il y avait beaucoup de voitures et surtout des piétons qui se rendaient aux fêtes traditionnelles de la région.
Enfin à Villa San Giovanni ! Dans le bateau, je pouvais décompresser, j'en profitais pour faire une toilette sommaire.
J'ai eu du mal à quitter le port, un carabinieri me remit gentiment sur le bon chemin, après un petit somme et un petit déjeuner au bord de la mer Ionienne, je repartis pour la dernière étape, le bord de mer est superbe, des villages sont perchés dans les collines et la route suit les méandres de la côte. Puis je tourne vers la droite et là, commencent les contreforts de l'Etna, des raidars terribles entrecoupés de faux plats assassins se succèdent jusqu'à Nicolosi où m'attendait Andrea. Après un arrêt dans un bar, nous partons à l'assaut du volcan.
Ma fille et les petits-enfants nous rejoignent au pied de la première rampe. Bien qu'elle soit vide maintenant, je sens que la remorque me tire vers l'arrière, j'ai du mal à suivre Andrea, je détèle, la mets dans le fourgon et super, le vélo devient tout léger! Le reste ne fut qu'une balade agréable pour moi, pas pour Andrea qui n'a pas de pratique de vélo, mais il fit preuve d'un énorme courage. Depuis, il a pris goût au vélo et la prochaine grimpée de l'Etna avec lui devrait être difficile pour moi!
Au sommet la famille m'attendait, c'était la fin du voyage le 13 août 2017 !! Les jours suivants, je dormais beaucoup trop au goût des petits-enfants, car je ne pouvais pas jouer avec eux.
En conclusion, je garde un excellent souvenir de ce périple, des quinze nuits à la belle étoile et d'autant de levers de soleil et j'ai très envie de repartir pour un nouveau périple !
La recharge des batteries fut un problème récurrent, le film s'en ressent !
Voici les images : https://www.youtube.com/watch?v=iSv5J_M2KtE